Archéologie à grande vitesse au musée d’Aquitaine, retour sur 400 000 ans d’histoire.                  Février 2018


Entre la décision de construction de la ligne TGV de Tours à Bordeaux en 1994 et son inauguration en 2017, les archéologues ont mené à bien 50 chantiers de fouilles préventives dans six départements.

Avec 300 kilomètres et plus de 3500 hectares d’emprises, le tracé de la Ligne à Grande Vitesse a constitué pour les archéologues une opportunité exceptionnelle d’enrichir les connaissances sur l’occupation de ces territoires depuis la préhistoire jusqu’à nos jours.

Cette exposition nous fait retrouver les chasseurs de la Préhistoire ou les premiers agriculteurs, puis explorer des fermes gauloises, une villa gallo-romaine ou même visiter virtuellement un souterrain médiéval, découvrir la vie quotidienne des populations à travers les témoins de l’artisanat du fer ou des modes d’élevage et d’agriculture.

Les fouilles ont aussi permis d’approfondir les connaissances sur les pratiques funéraires et cultuelles. Le plus bel exemple est le site du Vigneau à Pussigny (Indre-et-Loire) où, pour la première fois, a été découverte une succession de nécropoles du néolithique et de l’âge du Bronze.

La construction de la ligne a aussi permis de mieux connaître le patrimoine naturel, la faune et la flore, grâce aux études préparatoires et aux actions compensatoires : créations de mares, reboisements, transplantations d’espèces végétales protégées. Cet immense chantier a aussi permis la découverte de plusieurs sites fossilifères de plus de 100 millions d’années, comprenant fougères, insectes, ammonites, crocodiles.

Les recherches débutent par une prospection pédestre de matériel archéologique. Les zones présentant une concentration importante font alors l’objet d’un diagnostic, à savoir une fouille rapide sur 5% du terrain.
Sur 130 zones diagnostiquées, 50 ont finalement fait l’objet de fouilles par 10 sociétés spécialisées.

Tous les objets présentés dans l’exposition ne sont pas encore restaurés.

6 sites datent du Paléolithique, on y a trouvé :
*des bifaces de  silex de 400 000 ans Av JC,  les plus anciens outils découverts lors de ces travaux.
*des outils taillés par l’homme de Neandertal, environ 250 000 ans Av JC.
*des outils de l’homme moderne, environ 60 000 ans Av JC.
* des outils taillés de plus en plus fin, certains porteurs de lames.

Au Néolithique, de 5 200 à 2 300 Av JC:
Les hommes deviennent agriculteurs, nous voyons donc apparaître des outils agricoles, des haches polies, des scies à encoches.

Le village de Pussigny est un des plus riches avec sa nécropole de cent tombes ; celles-ci sont de petite taille car les squelettes sont en position fœtale, avec du matériel d’accompagnement tel que poteries ou agneau.
Une reconstitution de maison en bois est présentée.
Les poteries retrouvées permettent une datation précise : leur qualité est médiocre car les techniques de cuisson ne sont pas encore maîtrisées, le four étant un simple trou dans le sol.


Age du Bronze, de 2 300 à 800 Av JC :
Assez peu de pièces de cette époque car le site est situé en limite de zone de fouilles, quelques céramiques et lames, de belles épingles et colliers de perles de coquillages.

A Pussigny, on a découvert un ensemble funéraire où les squelettes sont en position allongée.

Age du Fer, de 800 à 50 Av JC :
A cette époque, les hommes pratiquent l’incinération, on a retrouvé des urnes funéraires.
Reconstitution d’une grande ferme en bois et chaume avec ses étables.
Bijoux, fibules, lève-loquets bien conservés sont présentés.

Antiquité, période de domination romaine, de 50 Av JC à 476 Après JC :
e
n Gaule, vivent alors une cinquantaine de tribus qui ne s’entendent pas entre elles ; cette situation a facilité l’invasion romaine.

Près de Poitiers, à Vouneuil sous Briard, on a retrouvé un important fragment d’aqueduc qui est maintenant exposé sur un rond-point de la commune.
Pendant cette période, l’inhumation des corps ou leur incinération coexistent.
Les restes d’une villa gallo-romaine ont été découverts près de Tours.
Un bâtiment de thermes privés typiquement romain est trouvé près d’un mur d’enceinte en bois et chaume, lui bien gaulois.
A Marigny, la fouille d’un puits a permis de trouver des cruches en bon état ainsi qu’une poulie.

Le Moyen Age, débute en 476, chute de l’empire romain avec l’arrivée des Barbares.
Les Visigoths se font enterrer avec leurs bijoux et leurs outils.
Dans la nécropole des Sablons à Luxé, on a découvert un sarcophage contenant un squelette et tout le matériel d’accompagnement.
Un souterrain du Moyen Age, qui servait de zone de refuge pendant les guerres mais aussi de zone de stockage, a été filmé avant sa destruction pour la construction de la ligne TGV, ceci nous permet une visite virtuelle des lieux.
Dans une sépulture Visigoth on a trouvé un bel ensemble de perles de verre originaires du Sri Lanka.
A signaler aussi une belle intaille de Syrie (inverse du camée), des ciseaux.

Beaucoup plus récent :
 des armes et sabres d’abordage d’avant 1915 et cachés pendant la seconde guerre mondiale, alors que les armes étaient réquisitionnées, y sont restés jusqu’aux travaux, le propriétaire étant décédé.

Beaucoup plus ancien :
des fossiles du Jurassique et du Crétacé, donc bien avant l’apparition de l’homme sur terre.

Citons une empreinte d’aile de libellule, une plume de Vélociraptor, deux taxons de crocodiles marins, des ammonites, des nautiles de grande taille…

 

Photos Alain Caminade.

Organisation Bernard Dessoit.

Récit Annie Charlier.