2023 Cabaret Saint Sabastien

Comment est né le cabaret Saint Sabastien ?
Un cabaret, où ça ? À Couquèques 673 habitants, au cœur du Bas-Médoc. Quel drôle d’endroit ! Un spectacle de transformistes.* Quelle bonne idée !
Paradoxalement, la maison qui trône au centre de Couquèques a porté le nom « Sabastien » de ses hôtes après leur disparition. Un hommage que le propriétaire Fabrice qui était maçon  a rendu à son grand-oncle et à sa grand-tante. 
Et pourtant, rien n’était prévu.
En 1991, Fabrice relance l’établissement : café et un peu de restauration.Les clients consomment moins d’alcool ? Qu’à cela ne tienne, il organise des dîners. Une ambiance de bons copains, de franche camaraderie. Mais plutôt que de se planter devant un match de foot, ils s’affublent de costumes baroques. « Je faisais « La poussière » de Chantal Goya, et je passais dans la salle avec un grand plumeau », s’amuse t-il.Aujourd’hui, Fabrice et Stéphane sont à la tête d’un cabaret professionnel, constitué en SARL. Le premier a lâché son entreprise de maçonnerie en 2010 pour devenir intermittent du spectacle. Le second est à la gestion, et à la technique. Les accessoires sont fabriqués à façon par un spécialiste de Toulouse, sur les dessins de Fabrice. L’ancien entrepreneur dessine et coud tous les costumes.
Le Saint-Sabastien est un lieu atypique en Gironde, animé par une troupe détonante.Dans les années 1960, c’est Lucien son grand-oncle et sa femme Lucette qui tenaient le restaurant dont la réputation avait largement dépassé les limites du Médoc « Ils tenaient Le Restaurant des chasseurs, précise le petit-neveu. On y servait des alouettes et des tourterelles. » Aujourd’hui, les plumes sont sur scène, avec des spectacles qui n’ont rien à envier à ceux du fameux « Michou » de Paris. Ce restaurant ferme en 1980 pour renaître sous l’impulsion de Fabrice en 1991.
À cette époque, il mène en parallèle son activité de restaurateur qu’il partage avec sa mère et son métier de maçon avec son père. Il a pu ainsi rénover l’établissement du sol au plafond et le transformer en un lieu de fête. C’est chez Michou, lors d’un séjour à Paris en 1996, qu’il découvre le transformisme.
À son retour, il organise des soirées avec quelques amis où ils commencent à se  »déguiser ». Une employée de l’Intermarché voisin devient Dalida, celui qui se transforme en Régine taille la vigne dans la journée, Fabrice, lui était Rika Zaraï, Gloria Lasso… Tout ce petit monde venait des environs. Les costumes et les décors provenaient de récupérations ou de dons.
Au début, c’est avec une certaine réserve due aux fantasmes que véhicule ce type de spectacle, que cette évolution est accueillie. Mais la gentillesse des acteurs, leur professionnalisme, leur humour font fondre toutes les préventions. Peu à peu, le bouche à oreille fonctionne et le public se fait de plus en plus nombreux. 
En 2010, l’augmentation de la fréquentation nécessite l’acquisition et la rénovation d’un bâtiment contigu, capable d’accueillir environs 120 personnes et doté d’une scène.La compagnie se compose de six personnes toutes plus ou moins polyvalentes. Fabrice, homme aux mille fonctions s’occupe de la création et de la confection des costumes et des décors. En même temps, il se charge avec Stéphane des mises en scène. Ce dernier s’occupe de la partie gestion, programme l’éclairage et la bande-son du spectacle. Gladys, la chanteuse, s’occupe du suivi de l’éclairage du show. Alexandra, en tant que danseuse prend en main les chorégraphies qui accompagnent les chansons et les sketchs. Bamby et Sylvain complètent la troupe.

En marge des spectacles, ils organisent des soirées pour les châteaux comme Lynch Bages, Lagrange, Mouton Rothschild etc.
Une fois par mois, une partie de la troupe se rend à Bordeaux à l’ancienne poste, rue du Palais Gallien pour une mini représentation d’une heure.
Ils envisagent maintenant de créer un cabaret à Pauillac en partenariat avec des artistes de Carcans afin d’offrir aux touristes des paquebots qui devraient mouiller à Pauillac dans un proche avenir, un moment de divertissement entre la visite de Bordeaux et l’œnotourisme…..Un beau jeudi de mi-Décembre on oublie les averses des jours précédents et avec une synchronisation parfaite le bus de la sté Atlantic Cars conduit par notre charmante chauffeur Mandy passe avec une précision d’horloger récupérer « nos troupes » à Sainte Eulalie Grand Tour et à Mérignac maison des associations , au total 59 personnes participent à cette très agréable sortie.

Nous arrivons sans encombres à Couquèques pour midi. Nous allons assister au nouveau spectacle que donne la troupe du Saint-Sabastien .
Dès notre entrée, Fabrice, le maître des lieux accueille chacun avec un petit mot plein d’attention et un zeste d’humour tout en guidant ses hôtes vers leur table. Comme il le fait pour chaque nouvel arrivant, il prend le temps d’expliquer le déroulement du déjeuner !

 En route pour quatre heures de spectacle.
Tout d’abord le repas animé par un tour de chant de Gladys. Après les agapes, place au show.
C’est parti pour deux heures de saynètes qui s’enchaînent dans un rythme endiablé et parfaitement cadencé. Les transformations de Dalida à Jeanne Mas, de Sylvie Vartan à Sheila à Lady Gaga , etc…. sont entrecoupées de sketchs notamment de celui de Charlot, celui du maître des automates joué par Stéphane, de numéros de danse et d’interprétations loufoques de chansons classiques faisant participer les spectateurs…..
Certains d’entre nous vont d’ailleurs , même , “payer de leur personne” faire une prestation imprévue et monter sur scène ! (pour le plaisir de tous ! ).
Le maquillage renvoie une image tellement vraisemblable des personnages joués, les artistes jouent juste et nous oublions que tout se déroule intégralement en playback.

* le transformisme, est l’art de l’imitation visuelle par l’utilisation du maquillage. Il s’agit le plus souvent d’hommes qui se transforment en célébrités féminines, mais pas toujours.
Il est déjà 17h après un dernier aurevoir à la troupe nous devons repartir , quitter le charmant village de Couquèques et rentrer avec Mandy vers Mérignac et Sainte Eulalie.
Ce spectacle dans son ensemble est un vrai moment de bonheur qu’il est difficile d’oublier et donne une furieuse envie d’y revenir , d’y goûter de nouveau …..

Récit: Bernard Dessoit
Photos: Gérard Orial