2024 sortie Blanquefort

Journée à Blanquefort

autour de la Forteresse

jeudi 11 Avril 2024

Ce jeudi 11 Avril 2024 nous nous retrouvons avec 35 adhérents devant les grilles du majestueux parc Majolan de Blanquefort, les pluies des journées précédentes ont laissé quelques flaques mais enfin le soleil est bien présent.
Il est déjà 10h et nous avons un emploi du temps bien chargé. Nous devons traverser trop rapidement ce très joli parc. Je vous décris ci-dessous un peu de son histoire et l’explication de sa création.

Parc de Majolan 

Le Parc de Majolan est un parc romantique créé à la fin du XIXe siècle. Labellisé « Jardin remarquable », le parc témoigne d’une grande modernité pour l’époque et du savoir-faire des architectes et artisans, il regorge aussi de faune, de flore et d’arbres remarquables. 

Conçu par le paysagiste Louis Le Breton pour le compte d’un riche banquier, Jean Gustave Piganeau, le parc est aménagé sur le domaine de Dulamon. Ce n’était alors qu’un marécage et la Jalle a été détournée pour créer un lac. Autour de ce plan d’eau, une promenade circulaire permet de découvrir le site en passant par les différents ponts du parc, jusqu’aux grottes. Pour des raisons de sécurité, les grottes restent fermées pour l’instant.  Le parc a été créé sur une dizaine d’années, de 1870 à 1880, par le paysagiste Le Breton, dans le goût romantique baroque, sur un terrain qui n’était alors qu’un marécage. Le terrain et le château avaient été acquis par un riche banquier, Jean Auguste Piganeau, appartenant au milieu de la grande bourgeoisie, grâce à son mariage avec la fille de Joseph Prom, propriétaire du domaine. L’ambition qui motiva la création de ce parc était de refléter la magnificence de son patrimoine et de son train de vie, et ce en imitant ce qui s’était fait à Paris. La légende dit que le parc devait servir à consoler sa fille malade. Le banquier fera faillite et le château sera revendu, ainsi que les terres, le parc, les fermes, etc. Il connaîtra un état de quasi abandon et sera racheté par un agriculteur. Dans les années 1950, une guinguette y sera installée.
 
Le parc est une illustration grandeur nature du savoir-faire des architectes, ingénieurs, artisans et artistes de la fin du XIXe siècle. Parti du néant, une zone marécageuse de 20 hectares, 150 000 m3 de terre furent dégagés à la pelle afin de créer un lac de 4 hectares à partir de la Jalle traversant le lieu et de donner forme aux différents endroits du parc.Les grottes artificielles (réalisées à la chaux, comme les ruines) et les canyons, sont des merveilles d’ingéniosité hydraulique avec leurs fontaines et leurs geysers d’eau, et de maîtrise de l’art des rocailleurs.
Les nombreux ponts répondent chacun à une architecture et à une technique : en lianes, de style gothique, en faux bois (une sorte de béton ornementé), en fer forgé…Propriété de la commune depuis 1975, il est ouvert au public depuis 1984. Le parc est l’un des lieux de promenade prisés des habitants de l’agglomération bordelaise.
L’ensemble du Parc Majolan est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, par arrêté du 18 janvier 2007, les grottes l’ayant été depuis le 21 décembre 1987
Une grosse rénovation a eu lieu en 2007 et 2008 (pour un montant de 3 millions d’euros). Le parc a été rouvert le 29 mai 2008.

 « La Vacherie »

Après notre traversée du parc en contournant le lac nous arrivons devant les fameuses grottes et franchissons le portail qui nous est ouvert, par la gardienne du lieu, exceptionnellement et qui nous mène directement à la « vacherie ». Située sur les hauteurs du parc dans l’enceinte du château Dulamon, la Vacherie est une ancienne ferme modèle de la fin du XIXe siècle. Construction particulièrement moderne pour l’époque, la Vacherie a longtemps été tournée vers l’élevage de vaches et la laiterie. 

Il n’en reste que 3 de ce type en France. Le bâtiment principal toujours très bien entretenu sert surtout maintenant de lieu évènementiel et cadre d’expositions pour la ville de Blanquefort.

Aujourd’hui porte d’entrée du Parc des Jalles, autrement dit le plus vaste espace naturel de l’agglomération bordelaise, la Vacherie est un petit paradis pour l’agriculture urbaine.

Elle héberge la fromagerie de Majolan, objet de notre visite. Nous sommes reçus très gentiment par Delphine la bergère de cette exploitation.
Elle nous explique un peu le fonctionnement de la bergerie, nous transmet un peu de sa passion pour ce métier rude mais tellement enrichissant et si près de la nature.
Nous avons pour nos brebis plusieurs points de chute dans l’année, à Blanquefort et dans des vignobles du Médoc en Gironde
Aux environs du 25 juin jusqu’à la fin septembre, nous partons au lac de Lhurs dans la vallée d’Aspe avec nos bêtes, direction Lescun. Un voyage que les brebis sont tellement impatientes de faire qu’elles se ruent dans le camion. Leur mémoire est étonnante ! « 

Delphine et Julien son compagnon sont à la tête d’un troupeau de 350 brebis de race basco-béarnaise, partagent une partie de l’année, leurs journées bien remplies, entre le site de la Vacherie et les bords de Garonne. Berger transhumant, mais aussi fromagers, ils produisent, transforment sur place et accueillent le jeune et le grand public pour parler de leur métier, auxquels ils intègrent la transmission des savoir-faire.

Delphine nous ouvre en privé les portes de sa petite fromagerie et permet à chacun d’acheter quelques petits fromages mais également des œufs de la ferme, du miel et quelques produits locaux.

Nous devons malheureusement repartir très vite, pour rejoindre nos voitures pour la prochaine étape de notre journée : Le Déjeuner ! 

Le lycée hôtelier Saint Michel

On ne peut comprendre l’esprit du Lycée Saint-Michel sans rechercher les racines de son histoire. L’association de la Congrégation des Petits Frères de Marie, dont la maison-mère se trouvait à Saint-Genès de Laval, fit construire, en 1876, le pavillon central en rez de chaussée pour y implanter un collège d’enseignement catholique. En 1885, 150 pensionnaires et externes préparaient les Grandes Ecoles des Arts et Métiers, Polytechnique, … 

Avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’Ecole ferma ses portes en 1906. Il fallut attendre 1934 pour voir l’ouverture d’un hospice par les Sœurs du Bon Pasteur. Parallèlement, l’institution a abrité à partir de 1940 une école ménagère dirigée par Mère Marie-Estelle. Devenu Lycée d’Enseignement Professionnel sous contrat d’association avec l’Etat depuis 1963, Saint-Michel a vu le transfert de la Maison de retraite dans les locaux neufs en 1989. Dès lors, entièrement consacré à sa mission d’enseignement et d’éducation, l’Etablissement a pu diversifier ses sections de formations professionnelles en Communication, Bureautique, Santé-Services, Hôtellerie.

Nous avons été reçus très agréablement dans la grande salle du restaurant expérimental, dans un décor très élégant, avec de grandes tables rondes dressées pour 5 convives et à la décoration parfaite.
Le service a été de qualité, les jeunes en formation très bien encadrés par leurs enseignants ont assuré une belle prestation.
Les plats : piquillos farcis, filet mignon, mille-feuille aux fruits rouges ou pomme flambée au calvados, ont su réjouir les palets des plus fins gourmets.
Le spectacle fut total lors des séances de « flambage » des pommes devant chaque table.

La Forteresse De Blanquefort

Le château de Blanquefort est une forteresse médiévale érigée entre le XIe et le XVe siècle sur la commune de Blanquefort dans le département de la Gironde en France, et aujourd’hui en ruine.

« Le château de Blanquefort a été considéré jusqu’au temps de la Fronde comme l’une des places de guerre les plus importantes de Guyenne. Maintenant il est l’une des plus belles ruines »

Les fouilles menées sur le site de la forteresse de Blanquefort ont révélé la présence humaine dès l’âge du bronze (vers XIIème siècle av J.C.)   Des tessons de céramiques protohistoriques y ont été mis au jour, ainsi qu’à proximité de la Jalle de Blanquefort, la rivière qui coule à proximité et se jette quelques kilomètres plus loin dans la Garonne, en aval de Bordeaux.

La présence romaine est elle aussi attestée par de nombreuses tegulae (tuiles romaines plates) dans les fondations de la forteresse et par la découverte de deux monnaies d’époque romaine à l’effigie de Constantin le Grand.

Le château apparaît dans les textes au début du XIe siècle, ce qui en fait le plus ancien château fort en pierre attesté en Gironde : ainsi, un certain Akelmus Willelm Affurt est dit « second seigneur de Blanquefort » dans une charte de 1028-1032, et la forteresse est citée dans le cartulaire de l’abbaye de La Sauve-Majeure en 1078-1080. De fait, c’est bien au XIe siècle qu’un donjon de pierre de plan rectangulaire est construit, partie la plus ancienne du château.
Son nom — et par extension celui de la commune — provient de « Blanqua fortis », le « fort blanc », probablement en référence à la blancheur du calcaire de ses murailles au milieu des marécages, à une époque où même les églises étaient encore en bois.

Le château fort seigneurial contrôle la route du Médoc, au nord de Bordeaux, axe de circulation majeur dans la région depuis l’époque romaine.
Il permettait à son détenteur de collecter d’importantes taxes Il est surtout pour tout pouvoir politique bordelais un verrou clé, en première ligne face à un ennemi éventuel venant du nord après un débarquement dans l’estuaire de la Gironde. Au XIIIe siècle, la famille de Blanquefort était l’une des plus puissantes de Guyenne et son immense seigneurie s’étendait de la Garonne à l’océan Atlantique et au bassin d’Arcachon.

Une possession Plantagenêt

La famille s’éteint vers 1250, faute de descendance. Henri III puis Edouard VII rois d’Angleterre et ducs d’Aquitaine, font l’acquisition du château et des terres par deux achats en 1254 et 1270 auprès d’Adélaïde de Blanquefort et de son époux Bernard de Trancaléon. Ils cherchent à contrôler l’accès fluvial à leur capitale régionale.

Le Prince noir, fils du roi Anglais et chargé de commander l’Aquitaine au début de la guerre de Cent Ans, y séjourne. La forteresse est d’ailleurs parfois appelée localement « château du Prince Noir », comme plusieurs autres édifices médiévaux de la région.

Pour faire face à ses créances, Édouard II cède en juin 1308 la seigneurie de Blanquefort à Bertrand de Got, neveu du pape Clément V. Par héritage, elle revient en 1325 au seigneur de Duras, Aymeri de Durfort.
À son voisinage immédiat s’affrontent le jour de la Toussaint de 1450 plusieurs milliers de combattants français et anglais dans une bataille qui restera connue sous le nom de Male Jornade, mais les tenants des lieux ne semblent pas y participer.

Le château est encore entre les mains de Gaillard de Durfort, vassal des Anglais, un mois avant que Bordeaux ne tombe le 19 octobre. Le château est rendu en 1476 à Gaillard de Durfort après que celui-ci a prêté serment de fidélité à la couronne de France. La famille le conserve jusqu’à la Révolution française, mais ne l’utilise plus comme lieu de résidence à partir du 18ème siècle. La forteresse connaît ses derniers combats durant les guerres de religion. Les Durfort-Duras ayant embrassé la foi protestante. Après la ,Fronde à laquelle ses seigneurs ont été mêlés, le crénelage est rasé sur ordre du cardinal Mazarin, premier ministre du jeune Louis XIV. L’assèchement des marais à cette époque supprime la principale défense naturelle du château qui, à l’époque des citadelles de Vauban, semble obsolète. Le château est abandonné après un incendie dans la deuxième moitié du XVIIe siècle.
À la Révolution, la forteresse est confisquée comme bien national avant d’être vendue à un entrepreneur qui l’exploite comme carrière de pierres. D’où son actuel état de ruines.

Depuis 1984 c’est l’association le « GAHBLE » qui est chargée de maintenir l’état du bâtiment et de le protéger des avancées de la végétation. Elle assure également des fouilles qui permettent encore de mettre à jour des trouvailles qui sont exposées dans une salle près de la mairie. Elle organise aussi quelques manifestations : fête médiévale, animations et visites et mise en valeur du patrimoine Blanquefortais. Elle nous permet aujourd’hui de découvrir ce lieu.

Nous avons eu le plaisir de visiter les derniers vestiges du château accompagnés par Nelly Baron une jeune guide animatrice du GAHBLE qui pendant 1 heure et demi a su nous plonger dans cette atmosphère si spéciale des vieilles pierres qui nous racontent des siècles d’histoire !

 Quelle belle découverte que cette forteresse un peu oubliée dont bien des habitants de Blanquefort ne connaissent pas l’existence. Il faut reconnaître qu’elle est bien cachée, loin de la route, au cœur d’une exploitation agricole. C’est le moment de se quitter, chacun repars plus riche d’avoir partagé cette belle sortie à Blanquefort !

Récit: Bernard DESSOIT
Photos: Anne-Marie BOUCHER
Mise en page: Monique DENIS