Val de Loire

 

Les trésors du Val de Loire

28 juin  au 01 juillet 2019

Le  28 juin dernier, dès potron-minet, le car au complet, nous partons en direction du Val de Loire,  pour  Chenonceau , première étape de notre périple.
La route n’a pas été trop longue, les bavardages entre amis qui se retrouvent, les histoires drôles de notre chauffeur ou des participants, l’arrêt café à mi-chemin : une bonne  ambiance règne dans le car.
Nous arrivons  au château de Chenonceau, il nous apparait, majestueux,  ses pierres blanches de Touraine luisant sous le soleil.
Attendus pour le déjeuner, nous sommes accueillis dans la magnifique salle de l’Orangerie, qui abrite le restaurant gastronomique.
Après avoir dégusté des mets du Moyen Age revisités, succulents, nous allons visiter l’un des fleurons de l’architecture de Val de Loire, avec sa célèbre galerie à deux étages qui domine le Cher.

Un peu d’histoire:

Véritable chef d’œuvre de la Renaissance, le Château de Chenonceau est construit, aménagé et transformé par des femmes très différentes de par leur tempérament. Il est édifié par Katherine Briçonnet en 1513, enrichi et embelli par Diane de Poitiers et agrandi sous Catherine de Médicis. Il devient un lieu de recueillement avec la reine blanche Louise de Lorraine, puis il est sauvegardé par Louise Dupin au cours de la Révolution française et enfin, métamorphosé par madame Pelouze.De par le grand nombre de personnalités féminines qui en ont eu la charge il est surnommé le Château des Dames, conservant au fil des siècles une empreinte féminine omniprésente.

La visite audio-guidée du château de Chenonceau nous permet, chacun à son rythme, d’admirer la richesse de ses collections, de son mobilier, ainsi que les nombreux tableaux et tapisseries.
Puis nous profitons d’un temps libre pour une promenade dans les jardins et la galerie des Attelages. Le parc et les jardins sont parfaitement dessinés : le labyrinthe circulaire, les rosiers grimpants, les parterres fleuris ou encore le potager de fleurs témoignent tous de la tradition française de l’aménagement des jardins.
En fin d’après-midi, nous partons vers  Chisseaux-en-Touraine, à 2 km du village de Chenonceaux, (avec un x) !
La promenade sur le Cher est très agréable, à bord d’une gabare traditionnelle ; nous apercevons, au détour d’un méandre, le château, somptueux, nous passons sous ses arches, où, selon la légende, il faut faire un vœu la première fois. Nous pouvons aussi admirer le barrage à aiguilles et l’écluse de Chisseaux.
Après un bon bain, non dans le Cher, mais dans 500 ans d’ histoire, nous rejoignons notre hôtel à Joué les Tours où nous nous installons tranquillement.

 

Le lendemain, frais et dispos, après un copieux petit déjeuner, nous embarquons dans la « camionnette » (dixit notre chauffeur !) vers Amboise et le clos Lucé.
A notre descente du car, chic ! un petit train touristique  va nous faire découvrir la ville d’Amboise et les bords de Loire. Il nous dépose directement au pied du château royal. Mais… l’un de nous manque à l’appel! deux ou trois valeureux partent à la recherche de celui qui avait flané un peu trop longtemps et perdu le groupe!..
Notre groupe est maintenant au complet et nous entrons dans l’enceinte du  château, en empruntant l’ancien passage à pied des gardes, défendu à l’origine par un premier pont-levis et une herse. Cette galerie est ornée des blasons des propriétaires successifs du château, depuis le 11e siècle jusqu’au 19e siècle, des ducs, et des rois notamment Charles VII, Louis XI, Louis XII,  François 1er, Henri II, François II, Charles IX, Henri III, Louis Philippe 1er.

Un peu d’histoire:

La première phase majeure de construction de cet important édifice débute à la fin du 15ème siècle sous le règne du roi  Charles VIII ( né à Amboise en 1470). Et 75% du château édifié sous son règne ont subsisté jusqu’à nos jours. Le château royal d’Amboise devient une résidence royale sous les règnes  des rois Charles VIII et François 1er.

Notre visite se poursuit à l’intérieur du château.
Nous atteignons l’entrée du  logis royal : la succession de salles affectées à la garde qui défendait l’accès aux étages nobles. On peut y voir l’armement exposé: des épées, des hallebardes, des armures.
Nous entrons dans la salle des tambourineurs (les musiciens) qui évoque les nombreuses fêtes et bals donnés au château. Parmi le mobilier nous pouvons admirer un coffre  datant du règne de Charles VIII, une tapisserie  des Flandres  de la fin du 16ème siècle, les portraits du roi Charles VIII et de la reine Anne de Bretagne, un dressoir gothique.
A la suite, nous nous engageons dans la salle du Conseil: les piliers centraux sont ornés de fleurs de lys et de mouchetures d’hermine, emblèmes du royaume de France et du duché de Bretagne. La hotte de la cheminée est décorée d’une épée flamboyante, emblème de Charles VIII.
Les appartements de l’époque Renaissance se compose:
– de la salle de l’échanson, où se côtoient le mobilier gothique, avec un dressoir, et le mobilier Renaissance avec des tables à l’italienne, un grand coffre en noyer, un arche-banc.
– de la chambre Henri II. Cette pièce, chambre de François 1er  et de son fils Henri II fut occupée par Catherine de Médicis. On y découvre le  tableau intitulé « la mort de Léonard de Vinci », une table Henri II, le coffre à bijoux pourvu d’un double fond, le lit très ouvragé aux dimensions imposantes…
La promenade se prolonge dans de beaux jardins panoramiques qui dominent la Loire.
Puis le petit train qui nous attendait nous conduit près du Clos Lucé pour le déjeuner, où nous dégustons un menu qui  rappelle la restauration de l’époque Renaissance et nous sommes servis en costume d’époque !

 

Après le déjeuner, la  visite guidée du Château Clos Lucé s’impose. A l’invitation de François 1er , Léonard de Vinci s’installe au Château Clos Lucé à Amboise en 1516, où il vécut les trois dernières années de sa vie. Nous parcourons  sa demeure, ses ateliers entièrement reconstitués en 2016 et nous pouvons admirer 40 fabuleuses machines imaginées par Léonard de Vinci (l’automobile, le pont tournant, le char d’assaut, le vélo…). Dans l’une des pièces on peut assister à une conversation entre François 1er et Léonard de Vinci…comme si on y était, magie de l’hologramme…
En guise de » promenade digestive », nous cheminons ensuite dans le « Parc Leonardo Da Vinci ». Un véritable voyage initiatique où nous découvrons les créations artistiques et inventions majeures, grandeur nature,  du génie italien.
Nous revenons à notre car en petit train. Sur le chemin du retour vers notre hôtel, notre chauffeur arrête le car au bord d’un bois où se trouvent  des tables de pique nique… bizarre…Ce n’est pas l’heure du diner …mais celui d’un apéritif concocté par nos gentils organisateurs!  Les cachotiers! Apéritif au vin de Loire bien frais, offert par l’ANR33, avec cacahuètes et biscuits salés. Les membres de la chorale présents entonnent  l’R de Rien. Merci pour cette agréable surprise!
L’ambiance est très animée sur le chemin du retour..

 

Le troisième jour de notre voyage, après un copieux petit déjeuner, nous partons pour le domaine de Cheverny, en Sologne blésoise. C’est une demeure privée  appartenant à la même famille, qui  l’habite, depuis plus de 6 siècles.
Nous visitons la salle à manger avec ses panneaux de bois illustrant le roman de Cervantès, Don Quichotte; son mobilier en chêne massif, sculpté aux armes de la famille Hurault; une cheminée monumentale surmontée du buste du roi Henri IV avec ses chenets d’époque Louis XIV. Un lustre en bronze massif argenté, de plus de 100 kg surplombe une table pouvant accueillir plus de 30 convives….
Puis nous gravissons l’escalier d’honneur, caractéristique du style Louis XIII. Sur le palier une armure savoyarde de parade du 16ème nous accueille. Nous restons ébahis par des « bois » préhistoriques (de l’ancêtre de l’élan) âgés de plus de  6000 ans.
Ensuite nous déambulons dans les appartements privés:
– la chambre des naissances avec un berceau d’époque Empire en acajou, une chambre d’enfant avec des chevaux de bois d’époque Napoléon III.
– la chambre des mariés où l’on est émerveillé par la magnifique robe de mariée de la Marquise de Vibraye. Dans la salle à manger on peut admirer une collection de verres en cristal et d’assiettes en porcelaine.
– Au même étage nous entrons dans la salle d’armes qui présente une collection d’armures des 15ème, 16ème et 17ème siècle ainsi qu’ une magnifique tapisserie des Gobelins du 17ème siècle, mais aussi une malle en cuir de Cordoue ayant appartenu à Henri VI, une chaise à porteur du 18ème siècle.
-puis nous arrivons dans la « chambre du roi » réservée au roi et aux hôtes de marque.
Au-dessus des portes et au plafond, on peut admirer des reproductions de l’histoire tirée de la Mythologie et de la Grèce antique.
Au mur: une collection de tapisserie réalisée vers 1640. Le lit à baldaquin servit à Henri IV lors d’un passage dans l’ancien château.
Au bas de l’escalier se trouve le grand salon dont les murs sont tapissés des portraits de divers membres de la famille: de Philippe Huraut, comte de Cheverny chancelier des rois Henri III et Henri IV et père du constructeur du château,  de son épouse, d’ Elisabeth et le Marquis de Montglas,  de la comtesse de Cheverny et bien d’autres…
Nous remarquons aussi une harpe fin 18ème en parfait état de marche, une table Louis XVI, des fauteuils et canapés recouverts de magnifiques tapisseries d’Aubusson.
Dans la galerie se trouvent de nombreux tableaux dont un imposant portrait du roi Louis XVI en tenue de sacre.
Puis nous parcourons tranquillement le parc, et ses différents jardins reposants.

 

près la visite, nous prenons la direction du château de Chambord.
Nous traversons la forêt, au cœur des terres marécageuses de Sologne et nous arrivons près du plus grand château de la Renaissance dans le monde !
Nous descendons du car et nous nous approchons de ce magnifique édifice dont la beauté est à couper le souffle ! On se retrouve face à une architecture extraordinaire imaginée par François 1er  et influencée par le travail de Léonard de Vinci : le plan centré du donjon, la présence d’un escalier à double révolution, le système latrine à double fosse et conduit d’aération ou encore le système d’étanchéité des terrasses.
.Nous sommes accueillis pour un délicieux déjeuner au sein même du château.
L’après-midi, une guide sympathique dirige notre visite. Il fait très chaud, les escaliers à double révolution sont durs à monter ! Nous atteignons les terrasses d’où l’on a une vue splendide des jardins à la Française. Plus de 600 arbres, 800 arbustes, 200 rosiers, plus de 15000 plantes délimitant les bordures, près de 2 hectares de pelouses…une véritable perle de « verdure »
En visitant le château de Chambord,. on parcourt 500 ans d’histoire de France ! Plus de 60  pièces sont à découvrir ainsi qu’une collection de près de 4500 objets d’art. Mais avec la chaleur torride et le nombre impressionnant de visiteurs, nous n’aurons pas le courage de les parcourir toutes !

Un peu d’histoire:

Voulu par François 1er et imaginé par Léonard de Vinci, le château de Chambord est le plus vaste et le plus majestueux des châteaux de la Loire, témoignage de la Renaissance française et symbole de la puissance d’un souverain passionné des arts et des lettres.
C’est à son retour victorieux de la bataille de Marignan en 1515 que François 1er décida de la construction de Chambord, non pour en faire sa résidence mais comme un symbole de son pouvoir inscrit dans la pierre. Il n’y séjourna d’ailleurs que 50 jours ! 426 pièces, 83 escaliers, 282 cheminées… le château de Chambord et son architecture grandiose rivalisent avec celui de Versailles !

 

Et voilà le dernier jour de notre périple. Après le petit déjeuner, nous prenons la route vers le château deVillandry construit vers 1536. C’est le derniers des grands châteaux bâtis sur les bords de Loire à la Renaissance.
Remarquable par l’harmonie de son architecture Renaissance, le site est connu pour ses jardins répartis sur quatre niveaux, qui allient esthétisme, diversité et harmonie. La cour d’honneur est entourée de galeries à arcades, de fenêtres à meneaux entourées de pilastres richement décorées, de hautes lucarnes au galbe sculpté, de toitures d’ardoises aux fortes pentes et aux amples volumes.

Un peu d’histoire:

Edifié par Jean Le Breton, ministre des finances de François 1er, sur une forteresse du 12ème siècle dont il ne reste que les fondations et le donjon. Pour la petite histoire, (ou la grande!) c’est dans cette forteresse qu’avait eu lieu le 4 juillet 1189, « la paix des Colombiers », au cours de laquelle Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre, vint reconnaître sa défaite devant Philippe-Auguste, roi de France. Les descendants de Jean Le Breton conservent Villandry jusqu’en 1754 où il devient la propriété du marquis de Castelllane, ambassadeur du roi, puis, plus près de nous,  en 1906 il est acheté par Joaquim Carvallo qui restaure le château et les jardins tels qu’ils étaient à la Renaissance. 

Au fil de la visite on découvre un château convivial et familial. L’intérieur du château,  réaménagé au 18ème siècle, a été entièrement  restauré.Il est richement meublé, chaque pièce retrace une époque grâce à son mobilier et à une décoration soignée.

En parcourant les différentes pièces richement garnies de meubles d’époque et toutes, fleuries de magnifiques bouquets, certainement en provenance des jardins, nous pouvons admirer des tableaux et tapisseries, une salle à manger où le couvert est mis , cristaux et porcelaine….  Dans les couloirs on peut admirer des planches botaniques,  aquarelles admirablement dessinées, représentant les légumes et fleurs du jardin.
Du donjon on a une vue superbe sur les jardins et la vallée de la Loire.
Après la visite de l’intérieur du château, en sortant sur les terrasses, nous nous dirigeons vers les jardins.
On y découvre le potager décoratif, potager de la Renaissance, composé de neuf carrés de taille identiques mais à l’intérieur desquels les motifs géométriques sont différents. Les couleurs des légumes alternent entre elles…(bleu du poireau, rouge des choux, vert des fanes de carottes…)
Mais attention, à trop se pencher sur ces merveilles, on peut en tomber les lunettes!
le jardin d’ornement se trouve au dessus du potager et constitue la prolongation des salons du château. En montant jusqu’au belvédère on a une vue d’ensemble magnifique, d’où l’on distingue, juste au-dessous quatre carrés : les jardins d’amour.
le jardin d’eau se situe au dessus du jardin d’ornement, à l’extrémité sud du domaine. il est d’inspiration classique autour d’une grande pièce d’eau en forme de miroir Louis XV,  sorte de piscine olympique pour les cygnes qui font des longueurs et que l’on passe un moment à observer!
le jardin du soleil, sur la plus haute terrasse est un lieu dépaysant constitué de trois espaces de verdures, on peut y admirer « la chambre des nuages » composée d’arbustes et de vivaces, bleutés et blancs, la « chambre du soleil » dans les tons orange et jaune, rayonne autour d’un majestueux bassin en forme d’étoile, mais attention à ne pas se faire arroser par les jets rotatifs qui rafraichisses les plantes et les visiteurs!  et enfin « la chambre des enfants » à l’ombre des pommiers.
le labyrinthe est planté de charmes et le jardin des simples est le jardin traditionnel du Moyen Age consacré aux herbes aromatiques, condimentaires et médicinales. Ces jardins nous donnent envie de réaliser certaines scènes fleuries dans notre propre jardin! D,autant que l’on peut acheter des petits plants de vivaces.

 

 

C’est à Villandry que notre séjour  se  termine, et, après un bon déjeuner ainsi qu’ une visite à la boutique aux souvenirs,  nous regagnons  notre car pour le retour vers Bordeaux.
Merci à Anne-Marie et Jean-Marie pour nous avoir concocté un si beau voyage, retour loin dans le temps, au 16ème siècle… et permis d’en garder de merveilleux souvenirs.

Récit: Monique Denis
Photos: Anne Marie Boucher,  Monique Denis, Bernard Dessoit